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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 10:43

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Mais au moment où la main vengeresse allait s’abattre sur lui, l’ogre poussa un juron terrible. La terre gluante venait de lui avaler une botte, et emporté par son élan son pied nu allât se planter dans la boue. L’homme se figeât, il retira son pied dans l’espoir d’en ôter la chaussette souillée, mais dans cette étrange acrobatie, il perdit l’équilibre et tomba dans la gadoue.

« C’est bien fait pour lui » fut maintenant hurlé par le camp des garçons, avec la force que donnait le souvenir d’oreilles douloureuses. Momond, notre héros, arriva à bout de souffle et reçut l’ovation qu’il méritait. Il leva les bras au ciel et montra un poing  vengeur aux choristes qui avaient souhaité sa perte et qui, maintenant, battaient en retraite sous le préau.

Sa sœur tempéra son ardeur :

-« Regarde tes chaussures ! Faut nettoyer tout çà ou tu vas encore te faire punir. » Nous mirent le peu de temps qui nous restait, avant la reprise de la classe, à éliminer les traces de boue sur nos chaussures.

Monsieur Lévi, notre maître, marqua un certain étonnement quand il nous vit nous présenter les mains encore humides, il n’était pas habitué à des excès de propreté de notre part. Un quart d’heure plus tard, quand la silhouette d’Octave vint se découper derrière le verre dépoli de la porte, les questions qu’il avait dû se poser allaient trouver une réponse.

Dans l’entrebâillement, Tatave apparut couvert de boue, maculé jusqu’aux moustaches, seules ses bottes et ses mains étaient luisantes. La casquette de travers, il raconta alors dans le détail toute l’histoire à son interlocuteur qui en devinait la  « chute ».

Je jetais un regard furtif à Momond qui, se découvrant une passion soudaine pour l’histoire, disparaissait tout entier derrière son livre grand ouvert. Les garçons tendaient l’oreille et baissaient la tête, les filles par contre affichaient de grands sourires et commençaient à se dissiper.

« Merci Octave, je vais les punir de récréation » conclut l’instituteur qui n’arrivait pas à prendre congé.

Ah ! Nous avions bien nettoyé nos chaussures ! Le dessus surtout, mais dessous ?.

Bref, nous fûmes trahis par nos semelles, ou plutôt, par la boue collée contre. Momond aurait pu planter des radis sous son siège, c’était de loin le plus gros propriétaire terrien de la travée.

-« La punition consistera à nettoyer tout cela avec un balai pendant la récréation, mais comme je vous soupçonne de mal le manier, je propose aux filles qui le désirent, de rester pour vous donner des ordres. Mais pas pour les aider ! n’est-ce pas Jeannette ? »

La sanction du maître ne souffrait d’aucune contestation, mais le comportement des apprenties mégères fut une humiliation terrible qui nous dissuada, pour un moment, de leur chercher querelle.

                                                                       FIN

Si j'ai publié ce texte c'est pour savoir si ça vous plait, c'est pas comme d'habitude, avec des grosses vannes, et un humour souvent noir. Dites moi ce que vous en pensez.. J'ai pas mal de réserves dans ce dommaine mais j'hésite à les publier..

 

 

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 10:38

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Encore un excellent dessin de mon ami Rami, vous pouvez aller faire un tour sur son site en cliquant sur "JFR mon cher Rami...

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 17:01

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La grille geignit à nouveau, un petit cortège de filles s’avançait en papotant. En passant à notre hauteur, le plus difficile fut de ne pas éclater de rire, elles parlaient de nous en termes peu élogieux. Elles allaient nous payer ça !. En plus de la pluie de mottes, les hurlements barbares que nous poussâmes déclenchèrent, chez elles, une panique qui leur donna des ailes. A leurs cris aigus, répondirent les nôtres rauques qui se voulaient virils et victorieux.

La victoire fut cependant de courte durée, nous avions négligé, dans notre euphorie, de surveiller la grille et quand l’un  de nous cria d’une voix neutre « Tatave ! », la panique changea de camps.

Octave, l’homme à tout faire de la commune, cumulait les fonctions de balayeur, de jardinier, mais aussi celle plus répressive de garde. Autant dire que notre bête noire faisait autorité. Ses attributions le conduisaient parfois à nous ramener chez nous en nous tirant par les oreilles. Nos parents, confondus de honte nous réservaient quelques délicates attentions en privation ou en fessées diverses. Aussi c’est courbés en deux, comme des indiens devenus muets, que nous filions derrière la haie.

Seul Momond, parti faire la provision de mottes, décida de couper à travers champ. Mal lui en prit, les pluies de ces derniers jours rendirent sa progression de plus en plus pénible.

« Il s’enfangue ! » s’écria Olive en voyant notre copain, les pieds lourds de  boue collante, faire du sur place alors qu’Octave se lançait à sa poursuite.

Nous suivions la scène, protégé derrière le grillage qui délimitait le territoire refuge de l’école. Nos doigts se crispaient au fil de fer, nous encouragions notre ami de la voix. Les filles, de leur coté criaient déjà « c’est bien fait pour lui ». Seule Jeannette tremblait pour son frère : « On dirait le petit Poucet contre l’ogre et ses bottes de sept lieux ».


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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 16:55

img700.jpgA mon copain Olive, qui venait s’asseoir près de moi, je ne sus dire que deux syllabes : « C’est beau », alors qu’un nuage plus pressé que les autres apportait une nuance mouvante aux couleurs sablées des pierres.

-« On dirait un décor de théâtre » me répondit-il.

-« Tu es allé au théâtre, toi ? »

-« Oui, à l’opéra, avec ma tante voir Carmen »

-« Carmen ? La sœur de Manolo ? »

-« Mais non couillon ! Carmen c’est le titre de l’Opéra, comme Marius est le titre d’un film »

-« Excuse, j’y connais tchi à l’opéra »

-« Mais si, regarde ! »

Il se leva, les bras en l’air, dans l’attitude du torero qui va planter des banderilles et chanta :

-« Toréador !

Ton cul n’est pas en or

Ni en argent

Ni en fer blanc » et nous avions éclaté de rire.

Nous entonnions régulièrement ce refrain que la fanfare jouait les jours de courses à la cocarde.

-« C’est ça l’opéra ? » demandais-je interloqué.

-« Pas trop, non ! C’est vachement plus sérieux.. Bon ! Tu viens! On va chercher les autres ? »

Nous voilà partis, Je passais chez moi récupérer mon goûter avant de retrouver le chemin de l’école.

La petite grille franchie, une allée bordée de troènes nous conduisait au parc, notre parc, où nous espérions bien retrouver le reste de la troupe. Sur notre gauche, le champ qui nous servait de terrain de jeu venait d’être fraîchement labouré. A droite, un mur, longeant la végétation, était notre terrain favori de chasse aux lézards. Au bout de ce petit monde à l’abri des regards de nos parents, se dressait l’école, comme un prolongement naturel à nos jeux.

Arrivé à mi-chemin, un orage de terre, et mars n’y était pour rien, nous tomba sur la tête.

C’était « la guerre des trumes ».

Instinctivement, Olive et moi avions plongé à travers la haie. Derrière elle, nos copains, les mains remplies de mottes de terre, les fameuses « trumes », nous encourageaient à les rejoindre. Le jeu était simple : au grincement de la grille, il fallait se cacher et ne plus faire le moindre bruit, laisser passer les élèves devant nous, avant de les bombarder de « trumes ».

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 16:51

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 16:59

img696Je m’asseyais dans sa chaleur, gravée dans la pierre,  avec l’impression de conserver une partie de son ombre, comme s’il me la laissait pour garder le village. Mon imagination travaillait pas mal, j’avais besoin de mystères, de légendes, d’ailleurs j’en entretenais une de bien personnelle : je cachais des trésors.

Dans une boîte de sardines bien nettoyée, dont ma mère, complice, avait à grand peine tenté de redonner au couvercle sa forme initiale, je disposais un petit soldat cassé entouré d ‘un  chiffon, une pièce de un centime, des graines de courges ou une vielle noix. Je tenais le tout fermé avec un bout de ficelle et profitais de la promenade dominicale pour enterrer mon trésor. Lubie de mars ?

J’allais toujours du coté du lavoir, la terre y était plus meuble pour ma petite pelle à pâtés. Là, à l’abri du mur, contre le fossé et au pied d’un arbre, avec comme seuls témoins le soleil et mon père, je creusais une petite sépulture, un temple secret fait de pierres plates et de brindilles, un abri à mémoire, où j’enfouissais mon trésor.

Puis, en guise d’oraison je restais là, planté, à contempler la plaine nîmoise. Des champs à perte de vue. Des champs cernés par des pelotons de cyprès militaires, bien alignés au garde-à-vous pour protéger les cultures du vent fou. Des pins, aux silhouettes plus fantasques, marquaient la présence d’un mas, d’une campagne. Quant aux platanes, ils bordaient la route à l’entrée et à la sortie du village. Je pensais à la foule de trésors cachés, aux pieds de tous ces arbres, par des générations d’enfants depuis le temps des héroïques gaulois.

L’air frais, le sifflement du vent, une odeur de futur printemps, un cheval tirant la charrue dans un halo bleuté sortant de ses naseaux, un homme besogneux s’affairant derrière lui, m’imprégnaient de sentiments nouveaux. Le ciel limpide, posé sur cet horizon plat aux teintes dégradées, n’y était sans doute pas étranger. Instants de quiétude ? Esprit bucolique ? je ne saurai répondre, mais les poésies apprises par cœur en classe me laissaient présager qu’un lien particulier nous unissait à la nature...

Assis à la place du papé, solitaire comme une sentinelle, je ressentais la même émotion, je savais que ces images s’incrustaient en moi pour toute la vie. Ces façades lépreuses, ridées de fissures mal colmatées, éclairées par cette lumière horizontale prenaient des airs de somptueux monuments romains, derrière elles, un ciel de cendre les couvait d’une ouate inquiétante.

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 16:50

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 16:54

img696Sur la place il ne restait plus que le papè Lamy assis sur son banc. Comme je le rejoignais, une rafale de vent vint bénir notre rencontre. Une averse de quelques secondes nous aspergea de gouttes glacées. Papé Lamy, protégé par sa casquette montra le ciel d’un doigt tordu.

-« Marsetjo » déclara-t-il.

-« Quoi ? » caquetai-je.

-« Marsetjo » répéta-t-il. En lisant l’incompréhension sur mon visage, il continua :

-« Tu vois pitchot, l’avantage du provençal sur le français, c’est que tous les mots français, tu peux les traduire en provençal, mais que la langue d’Oc pour la traduire, le français il lui manque des mots, pardine ! Marsetjo, ça veut dire qu’il fait un temps de mars, mais si ça parle de quelqu’un ça veut dire qu’il perd un peu la ciboule… Elle est bonne cette idée de conjuguer un mois ? »

-« Heu.. Oui ! mais pourquoi mars ? »

-« Ah ! Ah ! Tu vois le mois de mars, c’est un mois qui sait pas ce qu’il veut ! il est un peu fada, Il est coincé entre l’hiver et le printemps et c’est la bagarre ! »

-« Comme au catch ? »

-« Pareil ! D’un coté, tu as le soleil, le ciel bleu, les nuages blancs, de l’autre le ciel gris tout moustous, la pluie, le froid, et au milieu, comme un arbitre, Monsieur le Mistral. Et tout ça boulègue, que ça te fait un mescladis  où les nuages noirs et blancs se courent après. Une rincette de pluie par ici, et un petit rayon de soleil par-là. Pareil que pour le catch quand ils sont si emmêlés que tu sais plus à qui est le pied du printemps ou le bras de l’hiver "

-« C’est rigolo ce que vous dites »

-« Plus rigolo que la grammaire française ? »

-« Oh !Oui ! »

-« C’est normal, moi je suis le grand-père provençal »

Il se mit à rire tout seul, alors que les douze coups sonnaient à l’horloge.

-« Vous allez pas à la soupe ? C’est midi ! »

-«  Mon pichou, je vis à l’heure ancienne moi, celle du soleil et il n’est que onze heures là-haut. Mais tu as raison, je vais m’avancer ; ma fille, elle, elle vit à l’heure nouvelle, alors on a coupé la poire en deux et je vais manger à la demie. Je te laisse la place chaude, tiens ! ».

Il se leva en souriant et répéta « la grammaire française et moi le grand-père provençal ».

De mon coté je me demandais comment les gens arrivaient à se nourrir avec la moitié d’une poire, ils devaient manger encore plus vite que moi.

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 07:15

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 19:13

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« Mange moins vite ! Tu vas t’escaner ! »

Ma mère en avait de bonnes, avant, elle me reprochait ma lenteur à table, et aujourd’hui elle trouvait que j’étais trop rapide pour engloutir mon repas. Je dois avouer que je détestais la viande, ce qui pour mon père frisait le sacrilège. Pour lui le beefsteak, il disait « bistèque », représentait la quintessence du devoir paternel. Il avait souffert de la faim pendant la guerre  et considérait que sa responsabilité de chef de famille l’obligeait à nous offrir notre steak quotidien. Dieu se chargeait du pain blanc, et lui, en bon père communiste, rajoutait le rouge de la viande pour colorer nos joues.

 Comme je n’aimais pas ça, il acheta un petit pressoir en fer afin que je puisse me rassasier du jus, qu’il considérait comme indispensable à une bonne santé. Mon apprentissage d’enfant vampire  me bouleversait d’horreur. Ce sang tiède, auréolé de gras et au goût rouillé m’arrachait toujours des grimaces de dégoût. Mais en voyant mes parents se partager les maigres morceaux pressés qui ressemblaient à des bouts d’éponge séchée, j’eus un peu honte de mon caprice de « fils de riche », et à la grande joie de la famille, je devins carnassier.

« Pas si vite ! On va pas te le manger ! » insistait ma mère.

Pas si vite, pas si vite, les copains m’attendaient peut-être déjà dehors. L’école nous lâchait à onze heures trente et le rendez-vous était autour de midi, toutes les minutes gagnées deviendraient des instants de jeu supplémentaires.

Midi n’avait pas sonné que je me retrouvais dans la rue.

Mars bousculait février et le printemps pointait son nez. Les fins d’après midi étaient cependant encore trop fraîches et trop vite obscures pour que nos parents nous autorisent à batifoler après la classe. Le bon temps, il fallait le prendre maintenant, dans cet air vif et ce temps capricieux.

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