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1 mai 2020 5 01 /05 /mai /2020 07:03

Je n’avais jamais vu de mort, et pour un croque-mort ça la foutait mal. Là, j’en avais un devant moi dans cette chambre close qui puait le cierge froid, le tabac froid et la viande froide, alors qu’on était en été et qu'il faisait très chaud. Un mort solitaire dans une petite maison basse. C’était mon baptême de mort en quelque sorte, et je n’en ramenais pas large. Problème : pour entrer le cercueil dans la pièce, le couloir étant trop étroit, il a fallu le passer droit. Par contre ce ne sera pas possible une fois que la boite sera pleine. Autant faire un trou au fond et  demander au défunt d’aller tout seul au cimetière (comme l'a dessiné Reiser pour Franco). On allait être obligé de le sortir par la fenêtre, comme un voleur.  Aussi ! Tu crois qu’il n’aurait pas pu mourir  dans le salon, ce couillon ? Ou à l’hosto ? Comme je suis un peu blancas, pâlichon si tu préfères, Kiki me dit  d’aller dehors devant la fenêtre et qu’il va faire appel au garde champêtre pour mettre le mort en boîte. Et il m’avertit « tu vas voir c’est un pataras » Pataras, ça signifie pataud, malhabile, rustre. Et en effet quand le gus  apparut  il méritait bien son titre de champêtre. Les voilà donc à s’expliquer avec le raide pour le mettre dans le cercueil posé contre le lit. Et là ! Badaboum ! Le pataras s’est pris les pieds dans la dead-box, a lâché le drap qui soutenait le mort qui est tombé sur le rebord du cercueil, bing ! Poteau sortant !  et le macchabée  est allé rouler sous le lit. Misère !

-« Oh Kiki ! tu veux pas venir dans ta nouvelle maison ? » Et là, voilà qu’après cette réflexion   de bon sens, j’éclate d’un fou-rire nerveux mal contenu, d’autant que le pataras venait de se brûler en mettant les scellés et jurait comme un bûcheron qui vient de se tronçonner le membre viril. Mon Dieu ! Et la famille ? Tu vas me dire.- Mon Dieu et la famille ? (tu vois, je te connais bien !) Ben, il n’en avait pas beaucoup le partant, et elle était trop occupée dans les autres pièces. Il fallait entendre les tiroirs couiner, les portes des placards claquer, les bruits de vaisselle, les allers-retours vers les voitures, c’était la course au trésor à côté. Mais que faisait la police ? Justement il était policier le défunt. La sortie par la fenêtre fut aussi épique, à trois pour s’en sortir sans tomber la caisse, ce fut sportif, d’autant que notre cher mort était costaud et avait eu la bonne idée de planter des rosiers juste là. La famille plutôt que nous aider, nous regardait comme on regarde des équilibristes en attendant la chute. Le bruit du cercueil rayé par les épines des roses, me fit penser qu’elles étaient les seules à le regretter. La famille pouvait à présent piller la chambre sans vergogne.

Nous avons installé le cercueil dans l’église, et même s’il y faisait plus frais qu’à l’extérieur, Kiki et moi passons le temps dehors. Une copine de son balcon se moque un peu de ma nouvelle fonction : « C’est toi le nouveau croque-mort ? Ça doit pas être triste » c’est ça l’intuition féminine. Elle m’invite à aller boire frais, Kiki m’encourage  du geste et me voilà à siroter un panaché. Là, je dois l’avouer, et aujourd’hui j’en ai encore un peu honte, elle m’a forcé. Forcé à écouter Claude François, un véritable viol auditif ! Alors que moi je découvrais la nouvelle expérience de John Mayall avec  USA Union, un album sans percussions, la basse mythique de Larry Taylor, le violon qui pleure de Don Harris et Harvey Mandel à la guitare solo, un petit chef d’œuvre de « Green blues » et une alerte sur la nature qui disparaît (on est en 70). Comment je te gave ! Mais tu veux quoi ? Du sexe, du sang, des morts ! Mon dieu le mort ! Le Cloclo a couvert le tocsin, ah ! Si j’avais un marteau ! Je me penche à la fenêtre pour voir que le cortège s’est déjà ébranlé, rigidité mortuaire oblige. Je pars à la course. Je remonte à grandes enjambées, sous l’œil réprobateurs des braves gens qui pillaient la maison du mort tout à l’heure. Je toque à la portière du corbillard, une fois, deux fois, trois fois. La porte s’ouvre enfin sur le sourire de Kiki « Ah c’est toi ! Une seconde j’ai cru que c’était Kiki qui voulait sortir de sa boîte. » Et mon premier enterrement s’est terminé par un fou rire retenu qui me fit mal aux cotes…

 

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1 mai 2020 5 01 /05 /mai /2020 06:34
 Manif: Mes amis au balcon

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 16:52

Un pied dans les poubelles l’autre au cimetière.

 

Pour mettre un peu de gaieté sur ce blog, je vais te raconter mon expérience de croque-mort. Tu doutes ? Tu as raison, je débloque parfois, même souvent, mais là c’est de l’authentique ! J’étais jeune  (Il y a un demi-siècle! Y a prescription !) et je remplaçais les employés municipaux pendant les grandes vacances. Je ramassais les poubelles et je faisais les enterrements. Tout çà avec le titulaire. On l’appelait Kiki parce qu’il appelait tout le monde Kiki. Ben oui ! Quand tu travailles dans l’authentique faut pas t’attendre aux trouvailles originales qui caractérisent mon style imaginatif, insolite, drolatique, facétieux, spirituel et néanmoins génial. Bref je ramassais aussi les morts pour les amener dans leur résidence définitive. Un enterrement étant payé comme quatre heures de ramassage d’ordures, j’aurais souhaité un Nagasaki local, histoire de gagner quatre sous, parce que les ordures, bonjour ! C’était le ramassage à l’ancienne,  avec les poubelles bien collantes au fond, moulées à la louche, avec les asticots pour la pêche. Tu parles, on passait pas tous les jours et l’été j’te dis pas, le sac poubelle était encore inconnu, surtout dans mon bled.. Le camion, bringuebalant, avait la benne non couverte  qui se montait en pompant manuellement pour vider les ordures. C’était d’un pratique ! Tu faisais ça dans le bon air de la décharge. A l’époque on les arrosait pour accélérer la fermentation. La première fois que j’ai vu l’énorme tas d’ordures j’ai cru avoir des troubles de la vision. Non c’était le milliard et demi de mouches qui volant là donnaient cette impression. Welcome  in puruland ! (l’authentique n’exclut pas un trait d’humour de temps en temps) .Mais avant d’arriver là, il y avait l’épreuve du parcours  avec mézigue accroché derrière le fourgon, comme un Ben Hur moderne, à éviter les papiers gras qui s’envolaient quand le camion prenait de la vitesse. Autant te dire qu’à chaque mort je claquais des mains. Les morts c’est propre, ça pue pas, du moins pas au début, et le cimetière est quand même plus sympa que la décharge et les gens sont calmes. Plus calmes que les petits gitans qui courraient après notre camion quand on arrivait à la décharge. C’était le seul véhicule qui n’était pas équipé de broyeur, autant te dire qu’il y avait de la récup à faire. Parfois aussi il y avait la fanfare des rats qui nous accueillait, non je déconne, ça c’est du Reiser, et c’est pour voir si tu crois tout ce que je te dis. Le premier enterrement est programmé pour demain.  Les morts, ça peut attendre ! Bon Toi aussi !

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 08:58
Masques... de Venise
Masques... de Venise
Masques... de Venise

J'ai édité ces trois aquarelles, de mon cru, en format cartes postales , et je les vends 2 euros pièce. si vous êtes intéressé(e)s, vous pouvez me passer commande, le port n'est pas compris (vous comprenez!) A moins que vous m'en commandiez un paquet... 

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29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 07:18

 

Jeanne d’Arc et sa cloche firent sensation à Reims. Personne n’osa s’attaquer à quelqu’un qui vivait sous cloche. Confinée avant l’heure. C’est pour ça que les bourguignons, qui faisaient un bœuf *avec les musicos britons , laissèrent Charles cinq et deux se faire couronner. Et là ça commence à sentir le roussi, déjà ! Tu dis, parce que tu connais la fin ! Disons que les Rois c’étaient comme les présidents... Les promesses de bouter les Anglois hors de France,  Charles six et un, il s’en foutait un peu, promesses électorales. Il ne pensait qu’à se taper la cloche, (mais non pas Jeanne ! franchement est-ce que je me permets ce genre d’humour ?) et à se faire inviter à paresser dans le luxe. Le bon peuple il s’en tapait. Mais Jeanne que nenni, elle voulait continuer la pistache avec les grandebretagnons. Comme elle faisait caguer tout le monde elle a fini par se faire gauler par les bourguignons, et tu sais quoi, ils l’ont vendu 10 000 livres aux Anglais. Putain de bibliothèque! Et là l’Histoire, la vraie se paye une tranche de rigolade en la faisant juger pas l’évêque Cauchon qui lui reprochait d’être érotique ! Tu te rends compte ! Comment hérétique ? Mais c’est pareil ! Les sorcières, ça danse nues sous la pleine lune (c’est pour ça que les garçons ont du mal à trouver le sommeil !) Et l’accusation suprême fut le détournement de cloche ! Jeanne eut cette phrase célèbre « Mais c’est tellement plus confortable qu’une armure lorsqu’on a la taupe au guichet » Prude fille, qui n’osait dire « envie de caguer » comme tout le monde. Une vrai poétesse cette Jeanne. Dans son cachot elle pria Jésus pour qu’il intervienne, Superman et Batman, n’étaient pas encore nés (-farcis à la Sétoise, un  délice). Et Jésus fit un miracle, le lendemain Jeanne trouva son eau transformée en vin et 40 quignons de pains secs au lieu d’un seul. En fait ça sentait Beauvais* (dont Cauchon était l’évêque) remarque ça sent toujours mauvais là où se trouve l’évêché*. Bref, après l’avoir passé au grill (thermostat 8)  les Anglais l’ont faite flamber aux armagnacs (leurs alliés), grillés comme une vulgaire cacahouète. Elle s’est pas dégonflée elle a crié « Vous ne m’avez pas cru, vous m’aurez cuite ! » Et malgré les fagots ajoutés au brasier le feu prenait mal, ça manquait de tirage, normal ! Elle était bien pucelle… 

ZI AINDE

Tu en trouveras des auteurs qui arrivent à glisser pistache et cacahouète dans la vie de Jeanne d’Arc !

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29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 07:17
Après le 11

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29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 06:33
Nouvelle attestaion valable à partir du 11 mai

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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 09:37

Mais avant de couronner Charles que tout le monde appelait « le grand bleu », non pas parce qu’il était l’homme dauphin mais parce qu’il avait voulu pincer les fesses de Jeanne sous la cloche et qu’il en avait ramassé une (là tu imagines la tête de celui qui atterrit pour la première fois sur mon blog ! Qui n’sait pas qu’il y a des épisodes précédents,  perdu qu’il doit être, tiens moi aussi on en était où, au fait?) Bon, avant de mettre sur le trône  le futur roi, il fallait lever le siège – « pour faire pipi ? » -L’autre ! Je vous jure faire de l’interactivité avec les blogueurs confinés c’est du lourd ! Je me défonce le bocal à neurones (je mets un s on sait jamais !) pour te raconter  l’histoire de Jeanne d’Arc et c’est tout ce que tu trouves à dire ? Je sais, tu étais absent le jour où on  l’a racontée à   l’école, tu devais avoir une gastro, c’est sûr ! Comment ? Tu l’as toujours ! Alors là respect ! J’ai toujours eu du respect pour ceux qui se sont emmerdés toute leur vie. Si, si, moi d’ailleurs… Bon je reviens au sujet si ça vous dérange pas ! C’est bon vous avez pris votre chloroquine ? Remarque toi avec ta gastro faudrait peut-être arrêter, t’es sûr qu’il n’y a pas un effet indésirable ?…  Bon donc, Jeanne, le Dauphin, la France coupée en deux, une zone libre et une zone occupée –« Mais c’est la seconde guerre mondiale dont tu parles » Mais t’es pas encore aux chiottes toi ? NON !c’est l’histoire de Jeanne d’Arc ! Compris ! Bon je crie, je braille un peu mais c’est pour que les aveugles puissent lire* ! Donc je reprends ! Avant la couronne, quoi ? « Il faut trouver la fève », mais non ! c’est pas un royaume ! Enfin si, mais non... Bref, mais non pas Pépin !..! ( Bon lisez vite sinon ils vont encore m’interrompre) Jeanne libère Orléans qui était assiégée, et on peut dire qu’elle a mis la pâtée aux Anglais*. Ha !ha !ha c’est très drôle, si, si, je te rappelle que c’était la bataille de Patay, et la pâtée aux Rosbifs,  c’est drôle, non ? Oui bon, si plus rien ne t’amuse… Asuivre

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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 09:34
Voir Venise et mourir du covid!

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27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 15:01

Quand elle arriva  enfin à Chinon, Jeanne se fit moquer par la garde. « Ou vas-tu comme ça ? Grosse Pucelle ? ». « Je viens voir le Dauphin ». « Contente-toi de regarder les poissons rouges des douves» « J’ai une mission spéciale qui vient du tout puissant ». Et là un garde se lâcha dans le langage vulgaire qui caractérise les salles de gardes « Casse-toi Pauvre conne ! ». Deux baffes plus tard, Jeanne était dans la cour du château sous la tour du Dauphin et les poissons rouges avaient de nouveaux copains. « Hé oh ! Prince Monseigneur (*) dit celle qui venait de froisser la carrosserie de tout le corps de garde. Descendez me voir ! » « Et pourquoi faire ? » Dit un adolescent boutonneux. « J’ai une mission secrète pour vous » « Et pourquoi faire ? » « Ne le répétez pas, cria-t-elle c’est pour vous mettre sur le trône de France, j’ai un cadeau pour vous ». Le Charles a rappliqué mais son père Charles, habile comme un chat, se chargea de chaparder l’écharpe charmante et charnue, chargée de charogne, de la chaste Chancelière (ouf !). Dés qu’il l’a mit autour du coup il tomba raide mort. « Vous voyez mon prince, il faut vous couronner Roy de France » « Heu ! Où ça » « A Reims ! » « Mais c’est en Champagne ! » « Ben voui, Justement, j’ai des bons de réduction sur le champ’ ! ». Charles VI et demi (il n’était pas encore VII) voulut récompenser Jeanne en la sacrant Chevalière, sans lui mettre la bague au doigt. Il fit venir Funeste (*attention celui-là va venir de loin) son forgeron, fabriquant  d’armes et de ceintures de chasteté, afin de lui faire confectionner une armure. « Mais mon Prince ! Tout le métal que j’ai en stock n’y suffirait point ! Elle pèse une tonne cette jouvencelle» « Utilise donc la vieille cloche du monastère » « Mais Seigneur, en la fondant nous allons dépasser notre cota de CO2 » « Qui te parle de fondre, non ! Fais trois trous dans la cloche et elle l’enfilera comme un poncho ! » « Mon bon maître vous êtes génial, et pour qu’elle conserve son pucelage voulez-vous que je l’équipe d’un coince-minou d’acier ? » «  C’est çà ! et elle me sonnera le tocsin chaque fois qu’elle montera l’escalier ! Non, non, merci ! » La Cloche ainsi transformée, Jeanne l’enfila, elle dut serrer ses seins zeppeliniens pour qu’ils entrent à l’abri (* tu le vois pas arriver ?)  Quand Charles VI et demi demanda le nom qu’on pourrait lui donner « Jeanne d’Arme, deux seins trop près » lui dit Funeste (****).. Un lecteur tomba  raide mort d’une congestion cérébrale, le Dauphin rit comme une baleine.. et le pin-pon de l’ambulance me rappela que je devais rentrer à la maison blanche.. A suivre.

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