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12 juillet 2021 1 12 /07 /juillet /2021 14:06

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Ici, tu trouves de tout, vraiment de tout, sauf de la drogue, pourtant c'est une droguerie. Un droguerie à l'ancienne, la preuve j'y achetais, le millénaire dernier, mes coco Boer, des élastiques pour mes frondes et plus tard ma canne à pêche. Aujourd'hui j'y achète des graines de radis. Le présentoir est en bois et date de cette époque lui aussi. Le droguiste d'alors faisait lui même des petits sachets et de sa plus belle écriture, avec pleins et déliés y collait une étiquette authentique. Aujourd'hui ça a changé, mais en prenant le dernier paquet, j'ai senti qu'il y avait un sachet coincé dessous. Un sachet d'époque, et la belle écriture à l'encre violette, un peu défraîchie sur du papier jauni, m'indiquait que c'étaient des graines d'arcs-en ciel.. Arc en ciel? Est-ce que j'ai une tête d'arc-en-ciel? J'allais me renseigner à la caisse, et là, le fils qui avait repris l'affaire, me dit que son père faisait souvent ce genre de blagues.
-"Aujourd'hui, il vendrait des graines de stars" lui répondis-je avec cet humour si brillant (prenez-en de la graine) qui fait que tu passes lire mes histoires régulièrement. J'emportais donc mes graines de radis et ce prestigieux trésor qui contenait deux graines d'arc-en-ciel.
Après le repas, oui d'accord, après avoir cassé la graine (ça te va comme ça?) j'allais semer mes radis au jardin.. Des radis de 18 jours  qui me donneront, en croquant dans leur hypocotyle charnu, l'impression de mordre la vie à pleine dent, il m'en reste une..  
A peine penché sur le métier de jardinier, voilà que la mère Bouillaque se pointe avec une boule de poils tenue en laisse qui répond au nom de Tobby, enfin je crois. De toute façon, Tobby or not Tobby n'est pas la question. La question est "Qu'est-ce que vous plantez là?"
Elle est comme ça la mère Bouillaque, Bouillaque c'est son surnom, ça signifie commère  en occitan. Je lui montre le sachet et  afin que tout le village soit informé, je lui murmure:
-"Ne le dites à personne mais je plante des arcs-en-ciel " En agitant le sachet une graine, emportée par le mistral, s'envole et va se cacher dans le fourré à quelques pas de l'oie.
La mémère disparaît aussi pour aller porter la nouvelle. "Vous savez pas ce qu'il plante, lou pintre?" Lou pintre, c'est mon surnom, avec ce côté bien péjoratif qui me fait comprendre que nous ne sommes pas du même monde. Leur blague préférée c'est:" tu peins bien les maisons, tu devrais me repeindre la mienne" .. No comment..
Le printemps est passé, j'ai mangé les radis, mes tortues les zélées fanes. L'été se termine et j'attend l'orage qui va nous dégringoler sur la margoulette. Comment je sais ça? A cause des milliers de fourmis volantes qui décollent d'une fissure de béton sur ma terrasse. Les hirondelles spitfire viennent en rase motte les cueillir bouche ouverte.  Un vrai carnage dans un froissement d'ailes discret. Le vent chaud arrive violemment et des grosses gouttes  pareilles à des retraites de ministres s'écrasent sur le sol comme les cotes de popularité des mêmes ministres.. La féerie peut commencer, le forgeron céleste tabasse dur sur l'enclume des noirs cumulus et des bottes d'éclairs s'écrasent en fracas (si j'en fais trop, tu le dis)  .. Je suis aux premières loges et n'en perds pas une goutte..  
Je me suis couché tard, le spectacle a duré longtemps. Une symphonie en bruits majeurs, orchestrée à l'électricité avec un envie farouche de foudre en l'air. J'aime quand la nature nous rappelle que nous ne sommes que des petites merdes. Je me suis endormi tard. Le lendemain c'est un murmure bizarre qui m'a réveillé. Un bruissement de mots à peine articulés. J'ai aperçu, à travers le rideau de la cuisine, une petite troupe qui regardait en direction du jardin. Passé dans l'autre pièce, j'ai vu le jardin mais surtout ce formidable arc-en-ciel planté là! Un double, la seconde graine avait produit aussi mais avec une intensité moins forte. Comme je dors tout nu, je me suis enveloppé dans le drap, j'ai enfilé mes tongs et je suis sorti par la petite porte de derrière, celle qui donne dans le jardin. Là je n'ai pas pu résister et j'ai pris une douche de lumière. Impossible de décrire la sensation sans penser à l'abécédaire en couleurs de mon enfance et aux Voyelles d'Arthur Rimbaud "..je dirais quelque jour vos histoires latentes.." La foule a fait silence et d'un seul coup elle s'est mise à psalmodier " Dieu est grand! Karak est son prophète" .. Il s'en est même trouvé un pour crier "Karak akbar" Drapé dans ma toge, tongs aux pieds j'ai alors compris que je devais adresser mon message:
-" Mes sœurs, mes frères, consommatrices, consommateurs!  En vérité, je vous le dis et le répète, le livre magnifique "C'était mieux après" est toujours en vente ici, au prix modique de 15 euros, port compris et dédicace offerte, avec une petite aquarelle pour ceux qui auraient l'idée d'en commander au moins deux.".. 
J'attends les commandes dans les com… 

http://karak.over-blog.com/2021/06/2eme-edition-de-notre-bouquin.html
PS : l'arc en ciel est une photo de moi ( je veux dire prise par moi).. 


       P1010132.JPG
Mais si il y en avait deux..

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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 16:49

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Pendant ce temps Gorba fit un tour en Angleterre, où dans un vieux quartier de Londres il escana une péripatéticienne dont il arrachât le  cœur et mit les tripes à l’air. « Mauvais’ tripes ! » titra Libé. Puis il ramena ce cœur à la reine Cagole dans un Tupperware (le modèle isotherme à 25,50 euros qu’il avait acheté sur Ebay). Puis il retourna en Russie, une éclaboussure de sang sur son visage. Il avait beau frotter, rien à faire et sa barbe commençait à devenir bleue.  Quand au cœur, la super chérie allait-elle marcher ? Bien sûr ! Mais c’est le miroir qui allait dévoiler la coupe aux roses . Ce miroir était un Zemour, une marque très renommée dans le miroir  avec sycophante intégré. Un modèle  à la mode  sous l’occupation, avec débat national à variations malsaines. « Elle est planquée dans la Jungle décalée » . Le sang de la reine Cagole devint tout noir, ça allait saigner ! Elle se déguisa donc en Lady Gaga et se rendit sur place. Un scénario de meurtre parfait en tête. Arrivée au squat, Blanche Neige en pleine excursion dans les nimbes neuroleptiques lisait "Pour qui le glaçon?" Une traduction hasardeuse de "Pour qui sonne le glas" (que je suis entrain de lire difficilement)   Quand elle vit la Cagole, elle reconnut Lady Gaga « Lady, Lady,  je suis gaga de toi ! » « Je sais, je sais, je t’ai apporté mon dernier CD ! je veux t’en faire cadeau ! » « Oh c’est trop, c’est trop, c’est trop (oui c’est un peu trop mais bon la chute est pas loin et je vais pas faire un épisode minuscule ? je vais pas t’offrir un texte riquiqui ? J'aurai l'air de quoi? Comment "tu l'as déjà". Compris ? Bon ! Où j’en étais ? Ah oui..) C’est trop, c’est trop, c’est trop ». « Ecoute le vite ! tu vas voir ç’est mortel ! » Et l’autre couille qui va vite écouter ça   sur un Ipod  Apple  chouravé du matin. Blanche Neige s’endormi profondément, profondément. Cette vache de Cagole lui avait enregistré le dernier de Carla Bruni, et aujourd’hui encore elle dort. Le prince charmant est venu contre elle, lui dire que quelqu’un lui avait dit qu’elle l’aimait encore, mais cela ne la réveilla pas. Alors il partit se consoler avec Cendrillon qui lui fit manger de la soupe de courge tous les soirs vers minuit... A FINI

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11 mai 2021 2 11 /05 /mai /2021 18:43

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Blanche Neige avait les chocottes, elle  alla trouver refuge chez sa fourmi la voisine, (mais non je ne me trompe pas d’histoire. Tu sais pas ce que c’est une fourmi chez les toxicos? Ah bon ! Alors ?) qui lui indiqua un squat en proche banlieue. Là se cachaient sept punks. Le jovial d’abord, c’est lui  qui apportait la dope. Il chantait toujours « We are the shampoing !” et les autres en cœur “Dope! Dope ! Dope ! Champion Dope ! » Il était accompagné du « ravi » le simplet si tu préfères. Lui n’avais jamais quitté le sous-marin jaune et avait encore Lucie in the Sky with Diamonds en tête. Un problème de décompression en revenant sur terre en fait. Le roumégueur, oui bon ! le grincheux, gueulait « No futur » à tout moment. Mais comme il avait boudé les cours d’Anglais son « nos futures » désignait les gonzesses qu’il rêvait d’emballer. Mais qu’en rêve je te le garantie, parce qu’avec lui David Lynch n’avait pas besoin de maquilleuses pour  son « Eléphant man ». (si c’est trop culturel pour toi, tu le dis, c'est pas TF1 ici!). Dormeur, le quatrième de la bande était toujours éveillé, résultat d’un mauvais trip ! Et pourquoi on l’appelle Dormeur, alors? Ben, c’est toujours comme ça, on dit souvent l’inverse pour pas faire de la peine ! Chez toi aussi, d’ailleurs, ton mec ou ta nana te trouve belle ou beau ! Je vais te refiler le miroir de l’autre cagole, on va rire !. Timide disait qu’il était premier ministre, personne ne le croyait, bien sûr, même s’il venait au squat avec son chauffeur Atchoum . Lui c’est vrai qu’il éternuait et qu’on le foutait dehors quand le groupe s’emplâtrait  le pif, ils avaient les narines marchandes les plounks -ce sont des punks de la campagne-. Ses éternuements posaient un problème qu’avait résolu Prof, le septième de la bande. Il avait inventé les essuie-glace intérieurs pour le pare brise de la bagnole. Et enfin le dernier. Comment ? ils étaient huit ? Pour sûr mon bon, comme les quatre mousquetaires ! il y en a un qu’on voit jamais, c’est l’étroit mousquetaire en fait. Lui d’ailleurs se faisait appeler  D’Artagnan, à cause de la seringue, grosse comme une épée qu’il se plantait dans la veine.. Il s’en distribuait de sacrées doses ! le mousquetaire de la distribution ! ça marchait super  ! Bref ces loulous partaient le matin en chantant « Hé !Ho ! Hé ! Ho ! on s’en va au métro » oui parce que le boulot ça faisait un moment qu’il n’y en avait plus… Et là tu me dis, il sont plus de 6 c'est pas bon! Il vont avoir des soucis... J'ai oublié de te rappeler que ce sont des nains ça compte que pour un demi un nain. Il y a encore de la place, si  ça te dit...

A suivre  

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10 mai 2021 1 10 /05 /mai /2021 15:20

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Mais un jour le miroir qui en avait un peu assez de regarder sans pouvoir toucher se lâchât avec ses deux a en accents circonflexes. « Tu es vraiment magnifique » A ces mots le corps beau ne se sent plus de joie. Mais il rajouta « Ta bru, ma belle est encore plus gironde que toi ! » Elle ouvrit un large bec et se laissa  tomber sans voix. « Je l’aurai, je l’aurai cette meuf » (là j’avoue que je vais très loin). Elle organisa donc une fondue savoyarde entre amis (je sais tu ne vois pas le rapport mais attend un peu, merdre ! je vais pas tout dévoiler de suite, d’autant que tu connais l’histoire).(Ah oui aussi si j’écris toujours merdre c’est une référence littéraire à Ubu roi, et pas une faute d’orthographe, ou un truc pour échapper à la censure, mais ça tu l’avais deviné, intelligent(e) comme tu es !) Notre belle mère rameuta des tas de ramiers, des têtes de cailloux, des castagneurs de banlieue, des russes blancs de Moscou et rouges de colère . C’est d’ailleurs un deux, Gorbatchev que tout le monde appelait Gorba le Zrec, qui tomba son bout de pain dans le poêlon. La reine cagole lui donna un gage « tu devras tuer Blanche Neige » c’est ainsi que naquit l’expression tueur à gages.(un peu d’étymologie ne te fait pas de mal) « et comme preuve de ton forfait, illimité, tu me rapporteras son cœur ! » « pourquoi ? vous voulez faire une fondue bourguignonne ? » Il avait de la répartie le Zrec.

Mais en attendant il fallait qu’il s’exécute, enfin qu’il exécute Blanche Neige. Il alla se poster devant le magasin de son père et lorsqu’elle sorti, parce qu’elle y était entrée (hé ! pas con le mec !), il la chopa par le cou, l’entraîna dans un recoin, s’appuya contre le mur et allait y planter son gros couteau de bolchevique dans la gorge quand le mur s’écroula. Ha !ha ! ha ! Elle est bonne, tu ris pas ? Le mur de Merlin s’écroule, ah, ça y est ! pourtant je t’avais prévenu dans l’épisode précédent !Soyez prévenant avec le lecteur, tiens ! Bref, le Gorba y vit un signe du destin. Il renonça à trouer la Neige mais l’averti « Ta bel’doche veut te voir canée prend la tangente avant qu’elle t’envoie le carré de l’hypoténuse »  Il prit son couteau entre ses dents et disparu et Blanche fondit comme neige au soleil !                      A suivre 

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8 mai 2021 6 08 /05 /mai /2021 18:32

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Blanche Neige s’appelait ainsi parce qu’elle sniffait des lignes de coke grosses comme des rails de TGV. Toujours deux !. Elle en riait « je n’aurais jamais mon permis de conduire » ce qui est normal quand tu doubles sur la ligne blanche. Tout le monde appelait son père « le roi » en fait il était vendeur chez Leroy Merlin (retiens bien il y aura un calembour dans le prochain épisode). Sa mère était morte de façon étrange, d’une chute de cheval. Comment ça étrange ! t’entendais-je dire ! ben oui, étrange : un cheval lui était tombé sur la tête dans la rue. « C’est pas crédible ! » que tu me dis ? J’y peux rien moi. Un cheval qui tombe d’un toit c’est vrai que c’est pas commun. C’est pour ça que l’inspecteur Dérrick  enquête, enfin quand il aura fini de téléphoner. Il a déjà écarté la thèse du suicide et comme la victime a dit « Arggggg » avant de mourir il cherche dans l’annuaire à la lettre A si le suspect a le téléphone, sait-on jamais…

Bien sûr le roi a vite trouvé une remplaçante. Une estrace de cagole que je te dis que ça ! Ah ! oui tu comprends pas, disons donc pour ceux qui ne reconnaissent pas l’identité régionale : une bimbo pas très fraîche. Toujours fourrée, en fourrure, devant son miroir à minauder « miroir mon beau miroir dis moi que je suis canon » l’autre « ouais t’es une bombe baby » « et mes fesses ? »  « des bouquets » « et mes deux seins ? » « de campagne » rigola le miroir. Et là ! tu ne dis rien, tu trouves ça crédible un miroir qui parle ! tu ne me fais pas une remarque idiote ! style « les femmes intelligentes c’est comme les miroirs ça parle pas, ça réfléchit ! » Attend une seconde le téléphone sonne…. C’était Derrick, la vache il a fait vite, il a résolu l’affaire. C’était un cheval de course que son proprio transportait dans son jet privé pour l’amener courir le tour de France. Seulement le cheval a eu peur, a rué méchant, a tout pété et est tombé de l’avion quand il  survolait la ville. Comme quoi faire du shopping peut être dangereux ! Elle portait des talons aiguilles et reçu un étalon haut avant de s'étaler sur l'étal . D’autant qu’elle avait pris un sabot en pleine tronche, quand on dit qu’un fer à cheval ça porte bonheur !. Tu vois qu’elle est crédible mon histoire ! Quoi ! Comment s’appelait le bourin ? Virenque je crois ! ( C’est drôle, je sais, mais pas tant que fesses bouquets) …

A SUIVRE

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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 07:05

img597En ce temps là, les gens vivaient humblement. Leur seule richesse était une cabane sommaire mais construite robustement. A l'intérieur, rien. C'était juste une sorte d'abri, clos par une porte jamais fermée. D'ailleurs ils n'avaient pas inventé le mot, ni le verbe fermer. Tout ce qu'ils faisaient était au vu et au su de tout le monde. Sans complexe, sans jalousie et avec un souci de partage Les éléments et les bêtes féroces étaient si déchaînés que ça ne leur laissait pas le temps de se chicaner et de se quereller.  La porte de leur modeste cabane leur permettait de dormir en relative sécurité. Et c'est là que l'humanité fit un saut en avant pour un grand bon en l'arrière. Un jour une porte fut volée, puis deux, puis trois. C'était le seul bien tangible que les habitants possédaient. Alors, ils eurent l'idée saugrenue de porter leur porte sur leur dos afin d'éviter de se la faire voler. Cela causa un trouble immense. En effet, il n'était plus possible de distinguer le voleur de porte de l'honnête habitant. A moins de tomber sur l'imbécile parfait qui portait deux portes, la sienne et une volée. La porte y gagna son nom usuel, avant on parlait de battant. Vous avez la réponse à la question qui vous taraudait depuis toujours: Pourquoi une porte s'appelle porte?

Sous l'effet de la fatigue ou de la vieillesse la porte était portée de façon plus inclinée: mal portée en fait et cela a donné l'expression " se porter mal". Puis fut inventé la serrure qui servait dans son premier usage à ce qu'on ne vola point la porte… Un petit pas pour l'homme un grand saut vers le consumérisme.  La suite tu la connais, les gens eurent l'idée d'entasser des choses aussi futiles qu'inutiles derrière cette porte et les voleurs de portes se recyclèrent, ils passérent par la fenêtre. Et maintenant c'est l'humanité entière qui est sous les verrous.

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15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 14:03

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Hector enfila une paire de pantoufles qui avaient depuis longtemps passé l'âge de la ménopause, mais il les gardait à cause des bouffées de chaleurs qui lui assuraient de ne pas se geler les orteils même par grand froid. Hector avait le sens pratique. Le fauteuil dans lequel il s'assit avait été amputé des deux bras, mais comme il refusait de devenir une vulgaire chaise, on lui en avait greffé d'artificiels. Ils accueillirent  Hector dans leur peau lisse  parce que la moleskine aide (oui bon). Par contre le coussin que tous appelaient Germain puisqu'il était importé d'Allemagne, se mit à couiner comme un catcheur aplati. Tous les soirs, il subissait la même humiliation devant son public d'acariens: le fameux et fantastique affalement fessu du père Hector.

Le pyjama demanda à la robe de chambre depuis combien de temps elle n'avait pas fait sa toilette  et celle-ci lui répondit, sans ménagement, de s'occuper de ses fesses. Sans toutefois préciser s'il s'agissait des siennes ou de celles d'Hector. La zappette, énervée que la télé commande, jouait encore à cache-cache. Elle s'était dissimulée sous un journal qui traînait mais elle n'y tenait plus à cause de l'odeur. Les nouvelles n'étaient pas fraîches et le canard sentait le ragot de moutons. Cela lui donnait envie de vomir. Le napperon l'avait pourtant averti, mais on connaît les napperons, toujours prêt à raconter n'importe quoi pour se rendre plus intéressant que les vases sourds qu'ils supportent. Le miroir réfléchissait sans bruit,  contrairement à nos philosophes, la vie privée des stars ne le captivait pas. C'est la table basse qui, avec toutes les bouteilles et les verres qui venaient déposer le leur sur elle, en connaissait un rai question cul. La pendule du salon disait oui, disait non, disait "alors on attend!". Alors la main d'Hector découvrit la zappette, sous son frou-frou de feuilles froissées, il  lui caressa fébrilement l'étui avant d'insister amoureusement sur le bouton sensible.  La télé jusque là muette gémit des "Ah!" des "Oh!" des "Hi!" de satisfaction. L'émission "des chiffres et des lettres" venait de commencer. 

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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 07:15

Je suis mort, ça y est. Oui, pour de vrai. La vie c'est fini, c'est fait, la mort aussi, c'est fait. Et là où je suis, je peux te le dire, il n'y a pas de paradis, même fiscal. Pas d'enfer non plus, le purgatoire, j'en parle même pas. Les cinquante vierges, baratin aussi.. Même pas d'anges, de chérubins avec leurs petites fesses bien rondes pour faire rêver les curés et Mickaêl Jackson .. Mais je le pressentais, je te l'avais dit.. Par contre j'avais un peu négligé la réincarnation ou plutôt la métempsycose, la palingénésie* ou encore la reviviscence*, même si ces mots ne me semblent pas adaptés à ma nouvelle vie. Disons que je suis réinstallé, c'est comme ça qu'on dit d'un objet. Je suis un lavabo. Je sais ça t'amuse, tu connaissais la dame-pipi voilà le monsieur lavabo. C'est en effet très drôle de me faire tripoter l'oreille gauche pour que coule de l'eau chaude de ma narine gauche, et d'avaler tout ça sans rien dire. C'est un peu moins rigolo lorsque tous les occupants de la maison viennent me cracher à la gueule leur reliquat de dentifrice mêlé à  leurs souillures de bouffe. Moi qui de mon vivant avait des problèmes digestifs, je te garantis que le Déstop c'est autre chose que l'Alka-Seltzer. Mais je me plains pas, je garde un pied sur terre (je sais c'est fin, je t'ai pas habitué à tant de subtilité). Je ne me plains pas parce que mon voisin Marcel est bidet. Il se rince l'œil, certes, mais bon, je préfère être à ma place. Brigitte la baignoire semble baigner dans le bonheur. Pourquoi en sommes-nous arrivé là? C'est Emma l'intellectuelle du groupe qui a une théorie la dessus. Comme elle est réincarnée en miroir et qu'elle était philosophe elle trouve un lien évident avec la réflexion.  Moi, j'étais du genre à ouvrir ma gueule, en tant que lavabo, je suis pas prêt de la fermer! Marcel c'était un lèche-cul de première. Le voilà bidet. Brigitte? Ah! Sacrée Brigitte, disons que toute sa vie elle fut très accueillante avec les hommes et même les femmes.. Tu vois tout s'explique! D'autant que le soir, de la pièce voisine montent les gémissements du petit Nicolas réincarné en cuvette de chiottes.. Normal! Ce n'était qu'un trou du cul!

FIN

* le petit Robert a eu plus de chance que moi...

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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 11:01

Elle, je l’ai rencontrée, en Mars, fabuleux non ! Mais non pas le mois de mars, la planète Mars. Celle du Dieu de la guerre ! Comment ça il n’y a pas de vie sur Mars ?. Mais ce n’est pas une humaine, c’est une déesse, Diane peut-être,  Diane sans doute, Diane déesse de la chasse et de la Lune, sur Mars ! Fabuleux, je te dis !. Comment « tu ne pouvais pas être sur Mars, y a pas de vie humaine » ! Décidément t’es lourd !. Toi, tu n’es jamais dans la Lune, peut-être ?. Puis, qu’est-ce qui te fait dire que je suis un être humain, regarde bien le dessin, je suis derrière, je suis minéral ! Hé oui, Karak n’est pas mort, il dessine encor’. Avoue que si je t’avais rien dit tu n’aurais pas vu. Apprend à regarder, bon sang !

 

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 12:24
Lézard émietté..

Enfant je pouvais rester couché des heures à contempler le plafond. Un plafond de courbures, de bosses, de reliefs fourbes, de fentes sournoises et de fissures profondes.. J’y voyais des animaux monstrueux, ce fut d’ailleurs mon premier métier: dresseur de monstres fantastiques et fantaisistes aussi. Je les apprivoisais, les regardant évoluer avec la lumière rase d’un soleil en ricochet. Je les retrouvais pendant des siestes où je ne dormais pas. Pour moi ils sautaient, faisaient des cabrioles, mugissaient en silence, crachaient des flammes, la preuve ? Les petites traces de fumée qu’un vieux poêle entretenait. J’ai toujours aimé les vieux murs, ceux qui défient le fil à plomb, la pureté, l’immaculée peinture, la lisse surface sans fesses et sans fistules. De là mon second métier : Chasseur de lézard. Quand le soleil d’août tapait jusqu'à blanchir le ciel, je partais à la chasse. Mon territoire : ces vieux murs de pierres maladroites, de ciments poussiéreux et approximatifs, croûtes de terre et de galets, j’en connaissais la moindre anfractuosité, je savais celles habitées par les lézards. Je les attendais patiemment et à l’aide d’élastiques je les assommais. Pas question de tuer, j’ai jamais aimé ça, non ! J’avais envisagé le repeuplement des murs lépreux de ma maison. Mais voilà, elle était au fond d’une cour obscure et aucune plante ni animaux ne voulaient la coloniser. Seules les fourmis acceptaient d’y cacher leur repaire, maigre compensation pour quelques éclats de sucre et de mie de la tartine beurrée qui me servait de goûter. Les miettes tombées au sol les attiraient. Je les observais passionnément, et comme j’étais miro, je me couchais à terre, et je contemplais le travail des petites bêtes. J’étais bouche bée et narines frémissantes, et elles en profitaient pour me visiter. Elles entraient dans ma bouche, mes narines, mes oreilles, elles s’aventuraient dans mes méandres. Les plus vaillantes atteignirent même mon cerveau et en colonisèrent une partie. Quel délice de sentir ces petites pattes me masser les neurones. Elles y élurent domicile, et dans la foulée m’élurent Roi des fourmis. Un titre honorifique mais démocratique, je n’étais pas appelé araignée, elles ne les aimaient pas. Alors que fait un Roi ? Rien justement, un rien absolu, un rien bienfaisant, un rien sidéral. Un rien créatif, récréatif, sous mes tifs. Plus tard je mettais ma tête dans les ruches et bientôt du miel me coula des oreilles et du nez, je fus élu Roi des abeilles à l’unanime mitée. Le bourdonnement de mon cerveau empêchait mes proches de dormir, moi cela me berçait. Au réveil, nous sommes partis vers un bel HLM aux murs bien droits, aux plafonds lisses, sans lézardes nulle part. Alors j’ai regardé le ciel et les nuages attendant patiemment qu’un arc-en-ciel vienne émietter ses couleurs dans ma matière devenue grise... (illustration extraite de ce fabuleux livre "le chien des mers" ..)

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