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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 07:08

img424.jpg 

Le grand soir arriva enfin, une soirée d'été où nos pères enfilèrent leur épaisse canadienne de cuir, les moufles qui allaient avec, et au comble du fou rire, l'un un casque à visière intégrale, l'autre une corbeille métallique grillagée en guise de heaume. Ainsi bardés, ils se répartirent les tâches. Notre voisin, qui avait confectionné un trident artisanal pour la circonstance, tiendrait la porte entrebaîllée pour laisser croire au Diable a une issue et permettre de le coincer et ainsi de le châtier sans risque. L'épopée sauvage pouvait commencer.

Nous fûmes confinés à l'abri derrière la porte de la cuisine. Tout commença par des miaulements d'intimidation, puis des coups sourds qui d'après les jurons lâchés ratèrent leur cible. Des boites de visserie dégringolèrent des étagèrent dans un bruit de pluie métallique. Une lutte âpre se déroulait dans le couloir,, le chat avait bondi sur ses agresseurs. Malgré leur protection, on sentait bien que la cause n'était pas gagnée. Puis ce fut un cri de déchirement, le trident avait frappé juste et la porte d'entrée claqua.

Le silence fut vite rompu avec le retour des gladiateurs d'opérettes, couvert de sueur, soufflant comme des sangliers. Il l'avaient eu! Enfin, il avaient réussi à l'atteindre avec le trident et étaient convaincus qu'il ne reviendrait pas de sitôt. Cependant ils  craignaient un peu la réaction  du papé Cambolive, qui aura vite déduit que le châtiment infligé à l'animal venait de chez nous. Le vieil homme n'impressionnait pas que les enfants.

Après le repas, nous sortîmes tous dans la rue pour prendre le frais. Et là, nous apprîmes la nouvelle qui soulagea tout le monde. La voiture de monsieur Ravenet avait écrasé le Diable qui s'était littéralement jeté sous ses roues. "Le bon Dieu fait bien les choses" avait conclu ma mère et la soirée n'en fut que plus délicieuse…

Le  lendemain alors que je faisais une tentative de recensement de trous de fourmis dans mon périmètre de jeu, j'entendis le bruit de la canne sur les barreaux de la souricière.  Le Diable mort, la cruauté continuait avec la même mise en scène. Seule différence au tableau, un autre chat s'avança à la place du manquant. Le coup de canne qu'il reçut lui fit comprendre que le papé Cambolive portait toujours le deuil de son maudit animal. Et pour la première fois je l'ai plaint

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 12:55

img420Moi dont les distractions avec les animaux se limitaient à de paisibles courses d'escargots ou à l'étude approfondie, quelque peu paresseuse , de la vie des fourmis, j'avais du mal à concevoir tant de cruauté calculée. Mes grands parents tuaient bien des lapins et des poulets de leur poulailler, mais ils procédaient rapidement, sans mise en scène , sans plaisir en tout cas, presque à contre cœur et jamais inutilement. Là, avec cette complicité sanguinaire avec l'animal, l'homme dépassait la bête en férocité. Le Diable portait bien son surnom.

Mais ce n'était pas le seul grief que l'animal suscitait. Il avait pris l'habitude de passer ses nuits chez nous. Il s'introduisait dans la maison vétuste que nous partagions avec nos voisins. et y fondait  royaume dans les dépendances communes. Des pièces borgnes servant de débarras, d'atelier, de garage à vélo conduisaient à un endroit sordide: les toilettes à la turque. Un réduit qui me hantait lorsque je devais affronter seul ce gouffre de puanteur où j'imaginais le diable, le vrai celui-là, tenir boutique. En attendant son compère à quatre pattes s'y réfugiait parfois augmentant ma terreur.Cet univers nous effrayait tellement, ma petite voisine et moi, que l'on ne s'y aventurait qu'ensemble en nous parlant bien fort. Mais lorsque de derrière le cadavre désossé d'une moto montait  une plainte lugubre, le courage nous manquait et nos petites jambes fonçaient se réfugier dans la cuisine pour y retrouver nos parents.

Nos mères mirent leur maris en demeure de nous débarrasser de ce perturbateur. Non content de nous épouvanter, l'animal perturbait aussi leur sommeil en miaulant une partie de la nuit et en période de chaleur, il laissait derrière lui une odeur de fin du monde. La chose était entendue, les hommes relevèrent le défi, mais méfiants, ils fourbirent leurs armes.

Plusieurs fois ils avaient chassé l'animal de leur territoire de bricolage, mais toujours dans la crainte de griffures ou de morsures. Le Diable n'hésitait pas à faire face et à menacer, mais un chat, même à moitié fauve ne pouvait pas imposer sa loi. On allait voir ce qu'on allait voir!

 

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 07:27

img420.jpgCela se passait au milieux de la matinée, le vieil homme sortait de chez lui portant une cage souricière à sa main. Comme au théâtre il frappait les trois coup avec sa canne, puis il descendait doucement les marches du perron et s'essayait sur l'avant dernière. A ses pieds les rats et les souries piégés poussaient de petits couinements, les bêtes les plus robustes, debout sur leur pattes arrières passaient leur museau à travers les grilles..

Bientôt, venus sans bruit, les chats s'installaient  en demi cercle autour de la souricière à une distance que le vieux Cambolive faisait respecter à coups de canne. Un seul chat restait en avant, un noir au pelage terne, couvert de gale, un flibustier de la gouttière, les oreilles en dentelles, la tête couverte de plaies et la queue cassée en forme d'éclair. Nous l'avions surnommé "le diable". Agile, bagarreur, voleur, il semait la panique dans le quartier et ne trouvait de la sympathie qu'aux yeux du vieil homme. Le spectacle pouvait commencer, tous les acteurs étaient en scène.

Le vieil homme libérait en premier le  plus gros des rongeurs. Au bout d'un demi mètre de liberté, sa vie ne lui appartenait déjà plus. Le diable s'était jeté sur lui et dans une courte bataille lui brisait les reins. Les cris aigus de la pauvre bête me faisaient  frissonner. Aussi abjectes que soient ces créatures, mi rat d'égout, mi rat des champs, j'éprouvais pour eux une réelle pitié. Mourir dans les griffes d'un chat  me paraissait le supplice suprême. Surtout que le diable consommait sa  victime sur place. La bouche gluante de tripes chaudes, il regardait la suite de la représentation.

Le vieux ouvrait alors grande la cage, libérant d'un coup les prisonniers qui se déployaient en éventail, il s'en suivait un carnage sans nom. Les chats se jetaient dans la mêlée, se disputant leur proie, se battant entre eux, sans toutefois perdre de vue leur déjeuner sur pattes. La tuerie se poursuivait au milieu de la chaussée sous les miaulements rauques de ceux qui défendaient leur prise. En quelques secondes les choses étaient réglées et les félins retournaient à leur poste de vigie, une proie dans la bouche pour les plus véloces.

Le Diable qui avait le premier fini son repas, revenait vers la souricière d'ans l'espoir d'y découvrir, et c'était souvent le cas, une sourie égorgée par ses compagnons de captivité. Le papé Cambolive extrayait alors le petit cadavre et l'offrait à son chat préféré. La main calleuse qui caressait le dos meurtri de l'animal me donnait la chair de poule.. (A Suivre)

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 19:23

img418.jpgC'est son chapeau qui m'avait le plus impressionné, je n'en n'avais jamais vu de semblable. Feutre noir à bords étroits élimés, il conservait le souvenir d'une forme haute. Le temps avait du le cabosser mille fois pour lui donner cette patine lustrée de sueur. Il me faisait penser aux chapeaux de vieux cow-boys que je croisais dans mes illustrés. La tête d'ailleurs était à l'image de la coiffe. Les yeux noirs s'enfonçaient dans des cicatrices mal refermées, sur un visage hostile. Des touffes de cheveux bruns luisant de crasse tombaient sur un visage sec, dissimulé par d'épais sourcils et une moustache anarchique à la noirceur de circonstance. La barbe grisonnait en rangs irréguliers sur une absence de menton.

"Si tu regardes le papé Cambolive dans les yeux, tu risques de devenir aveugle tant son regard est puissant" disaient de lui, avec crainte, les élèves de la classe des grands.

Pour moi c'était l'incarnation du "Peillarot", ce personnage légendaire, voleur d'enfants que nos mères appelaient quand nous refusions de manger la soupe. La peur qu'il m'inspirait n'avait d'égale que la curiosité qu'il éveillait en moi.

Il ne fréquentait personne, n'allait jamais s'asseoir  avec les autres vieux sur les bans du "sénat", cette assemblée où chacun apportait sa canne en signe de reconnaissance. On disait que la grande guerre avec ses tranchées l'avait rendu cruel et méchant, qu'il mangeait du pain rassis, des lézards verts grillés et des hérissons bouillis.

Il habitait une vieille maison insalubre, en face de la petite cour qui me servait de terrain de jeu. Là, protégé par l'ombre d'une glycine vénérable, m'était donné d'assister à une scène qui se répétait tous les deux ou trois jours et qui me troublait. Sentiment mitigé de curiosité et d'effroi. 

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 16:47

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J'avais cependant des rendez-vous beaucoup plus agréables avec cette institution. En effet, où croyez-vous que l'administration fêtait le Noël de son personnel et de leurs enfants, hein?

Gagné! Dans la salle de spectacle de la Maison Centrale. Là, nous nous enfoncions plus en avant dans le pénitencier. Nous passions deux portes successives que le même agent devait ouvrir et fermer en alternance, comme dans un sas ou une écluse. Puis, nous prenions à droite, avant le salon de coiffure, pour une courte promenade dans le chemin de rondes balisé, à tout les coins, de guérites désuètes. D'un côté le mur cachant la liberté, de l'autre celui du monde interdit, bien parallèle. J'explique tout ça pour que tu ne sois pas dépaysé si d'aventure ta femme te trompe ou ton voisin te brime, et que tu veuilles en finir.. Sait-on jamais!

La salle de spectacle, côté carcéral me projetait une fois l'an dans l'univers merveilleux de Charlot, Laurel et Hardy, Tom et Jerry. Deux heures de courts métrages burlesques, de dessins animés, mieux qu'au cinéma où nous allions rarement. Ce furent mes premières découvertes de l'humour, de l'aventure et du septième art en général. La féerie était complète avec la distribution de cadeaux. Joie à peine ternie par l'idée de rentrer à la maison dans le fourgon cellulaire qui faisait office de transport en commun. Effet assuré dans le quartier, d'autant plus qu'une fois les organisateurs eurent l'idée de nous offrir des panoplies de policiers. Imagine la scène.

Ce Père Noël généreux se voulait aussi moderne. Dans les années soixante, quand les "Yé-Yé" nous inventaient une culture de génération, il nous offrit un … concert Rock. Sans blague. A dix ans, en prison, je ne suis pas prêt d'oublier ça! Le public fut ravi, le directeur aussi qui proposa aux jeunes musiciens –parmi lesquels un fils de gardien- de revenir jouer devant le public habituel du Dimanche. Il mit une seule condition à cela, que le groupe change son nom pour un soir. "Les Bourreaux" ça faisait un peu trop provocateur, à l'époque la peine de mort existait encore..

                                                                    FIN

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 08:40

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Avec l'autre coiffeur les recommandations étaient inutiles, il ne connaissait qu'une coupe: la brosse. D'ailleurs il la portait lui-même sur un visage émacié, agressif à force d'être anguleux. Toujours habillé, quelle que soit la saison, d'un tricot blanc à manches courtes, il dévoilait une musculature fine et saillante sous un tatouage représentant un poignard traversant un serpent. "Titi-le-surin" devait lui ressembler, surtout avec ce regard: celui des méchants dans les films de gangsters.

-Papa? Quel crime il a commis le tatoué qui nous rase le crâne?

-Lui! Il a tué ses trois femmes, me répondit-il comme s'il s'agissait d'une chose banale.

Devant mon étonnement, il m'expliqua que ses femmes l'avaient trompé et qu'il les avaient assassinées. Il avait déjà fait de la prison pour la première, par contre la seconde avait eu une aventure avec un soldat allemand et l'épuration aidant, il fallut attendre le troisième meurtre pour le condamner à nouveau.

-Et comment il les tuait?

-Je sais pas moi, il a égorgé la dernière je crois.

-Dis, dis papa! Il lui a pas crevé les yeux avant?

-Mais qu'est-ce que tu me racontes là, tu peux pas penser à autre chose?

Penser à autre chose! J'aurais voulu t'y voir lorsque  celui qu'on appelait maintenant "Titi-Barbe-Bleue" disait avec son accent pointu:

-Et un p'tit coup de rasoir pour finir

Et il se mettait à affûter la lame sur la langue de cuir.

-Penche la tête p'tit! Et joignant le geste à la parole, il me forçait à tendre le cou.  Dans mon dos, le retraité expliquait dans le détail et avec délice, ce que signifiait "le sourire Kabyle".

"Crussh" la brûlure était de courte durée mais chaque fois je la croyais fatale. Même si je n'étais pas une femme infidèle, j'éprouvais toujours une profonde joie de vivre après l'épreuve du rasoir. La prison ça te marque un homme, pour sûr! Un enfant je te dis pas! (A suivre)

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 06:20

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Nous nous retrouvions quelques-uns dans ce cas, les gamins bien sûr, mais aussi quelques retraités qui, profitant honteusement de leur âge pour nous passer devant, venaient se faire tailler la barbe. L'un d'entre eux nous laissait volontiers sa place, mais c'était dans le but de nous captiver avec des histoires de bagnards qui auraient fait frémir nos mères.

-Passe mon petit, en attendant je vais te raconter celle de Titi-le-surin. C'était un parisien maniaque du couteau. Il crevait les yeux de ceux qu'étaient pas réglos avec lui..

Un conteur, des magazines illustrés, des bandes dessinées, toujours les mêmes, l'épreuve aurait été supportable s'il n'y avait pas eu au bout l'homme au rasoir.

Ils étaient deux à jouer les Figaro, un viticulteur et un ancien légionnaire. Deux versions de la coupe mais après tout pour manier la tondeuse à main, il fallait plus de pratique que de talent. L'agriculteur, rondouillard, âgé et débonnaire avait tué son voisin qui s'amusait à l'humilier depuis l'école maternelle. Il avait craqué à cinquante ans et logé un petit bout de fer de la manufacture des armes de Saint Etienne entre les soucis de son tortionnaire. Mais comme il avait essayé de cacher son vilain geste en enterrant le corps, il avait écopé du maximum. C'était du moins la version de mon père pour me donner confiance en la justice de mon pays. Il s'agissait, de loin, du criminel le plus sympathique que mon frère et moi fréquentions. Parfois une larme roulait de son gros nez de vigneron lorsqu'il nous avouait ne plus pouvoir embrasser ses petits enfants, des gamins de notre âge… Nous nous disputions pour passer sous ses ciseaux, bien qu'il ne fit pas grande différence entre nos têtes et des ceps de vigne. Quelle taille, mes amis! Il ne devait pas laisser des sarments bien longs sur la souche… Il obéissait scrupuleusement à la consigne paternelle :"bien dégagé autour des oreilles et courts au dessus." A suivre


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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 07:13

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J'avoue, mon paternel était gardien de prison ou plus exactement agent pénitentiaire comme je l'écrivais régulièrement sur les fiches scolaires. "Pénitentière" ou "pénitencière" ? J'hésitais toujours entre les deux fautes d'orthographe mais je me refusais d'écrire "gardien de prison" pour les éviter.. Ben oui! Je suis comme ça.. Oh, je n'avais pas honte du métier de mon père mais je me souciais de la réaction de mes copains toujours prêts à jouer les Jean Valjean plutôt que les Javer. D'ailleurs lorsque l'un d'entre eux me demandait le travail de mon père, je répondais:

-Mon vieux? Ça fait vingt ans qu'il est en taule… même qu'il est innocent.

Je voyais bien à leur attitude l'influence que j'aurais pu avoir s'il avait choisi l'autre coté des barreaux.

L'intérêt que tous me témoignaient retombait comme une crêpe collée au plafond quand je dévoilais la vérité. Parfois je répondais qu'il faisait "centrale" mais il ils avaient du mal à me croire en le voyant passer en uniforme sur sa mobylette. Mon père travaillait pourtant bien en Centrale, en maison centrale. Celle où le pensionnaire le plus présentable avait au moins étripé un de ses contemporains et coulait quinze ans de jeunesse entre quatre murs.

La prison, construite dans un ancien fort Vauban vivait comme une petite ville avec ses ateliers, son économat, son mess, ses jardiniers, sa salle de spectacle, son terrain de sport et ses coiffeurs.

Le pénitencier, dans sa grande clémence, acceptait que lesdits coiffeurs officient gracieusement ou presque pour les surveillants et leurs enfants.. Un avantage que ne laissait pas passer mon père, vous pensez bien. Aussi, comme à cette époque les cheveux se portaient très très courts, mon frère et moi passions régulièrement nos jeudis matins en prison. Et dire que certains se plaignaient pour deux heures de colle .. ( A suivre)

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 11:47

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Bref, je conservais la foi grâce à mes exploits sportifs et à la maladresse de mes adversaires. En deux mots, Dieu était dans nos buts. Notre équipe volait de succès en victoires, même aux dépends  des écoles religieuses, chose que j'avais du mal à comprendre. Mais tout me fut révèle par Monsieur le curé durant une séance de catéchisme. Séance qui finissait toujours aux tirs au but. Ce brave curé m'enseignât en shootant  comme un malade que Dieu était partout, voyait tout, savait tout. 

-comme un bon arbitre? Avais-je cru bon d'ajouter.

-Si tu veux, reprit l'homme d'une foi, le jour du jugement dernier il t'expulsera en enfer ou te recevra au paradis.

-Et le carton jaune c'est pour le purgatoire?

-Si tu veux dit l'homme une seconde fois.

Je m'inventais alors une version personnelle de la fin du Christ, qui entraînait son équipe de douze apôtres. Judas, remplaçant, le trahit à cause de cette terrible jalousie qu'éprouvent tous les joueurs sur le banc de touche.

Quant à Dieu, mon opinion était faite, je l'imaginais habillé en noir, un sifflet à roulette à la bouche et des genoux cagneux s'échappant d'un short trop grand.

Je pensais qu'il me favorisait en cachette à cause de cette vieille histoire de pantalon troué.

Aujourd'hui, je ne lui en veux pas du tout. Pense un peu: une église à construire!

Fin

Si tu aimes ces histoires, tu en trouveras d'autres en cliquant sur Douce enfance 

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 06:11

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J'étais gardien de but de l'équipe de mon école, le goal comme on dit, et à ce titre je jouissais d'une solide réputation: "Il n'a pas peur de s'escamper, le gonze" clamait à mon sujet  l'entraîneur, qui peaufinait ses stratégies à la buvette. Ce qui signifie, pour les non initiés au langage populaire du sud, que je ne dédaignais pas me coucher sur le ballon quand il se trouvait, à ma portée, dans les pieds d'attaquants belliqueux. Ma belle assurance était cependant entamée lorsque la  balle échappait à mon contrôle. Là, en un éclair je lançais une prière déchirante: " Dieu! faites  qu'elle passe au dessus!". Et ça fonctionnait souvent, d'abord j'étais grand pour mon age et agile et parce que Dieu adore le foot..

Pensez-donc, s'il a fabriqué le monde en travaillant comme un forcené pendant une semaine, c'est bien pour aller au stade le dimanche, non? Enfin je voyais ça comme ça à l'époque. D'ailleurs beaucoup de gens humbles vivent ainsi, et Dieu les humbles, il est pour.. et surtout fait pour.

Depuis j'ai souvent réfléchi et je suis convaincu de l'exactitude de mon raisonnement. Avez-vous remarqué que les nations qui nourrissent une passion immodérée pour ce sport sont surtout des nations chrétiennes?  Regardez ces latins et latinos toujours prêts à élever au rang de Dieu du stade des footballeurs de talent en les auréolant d'un ballon rond. Et même, avec un brin de malice, je pense que Dieu est chauvin: à ma connaissance aucune équipe d'une autre confession n'a gagné la coupe du Monde.

A Suivre


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